Nouvelles de l’ANDT

Nouvelles de l’A.N.D.T.

Avril, mai, juin 2022

Chers amis,

Ce message vous parviendra à l’approche de la Semaine sainte qui culminera avec la fête de Pâques, avec la Résurrection de Jésus, annonce de notre propre résurrection, de la résurrection de nos corps à la fin de l’histoire de l’humanité ! Pour achever de façon heureuse ce temps du Carême, je voudrais tout simplement nous souhaiter, les uns aux autres, une bonne confession pascale. Vous avez sans doute pu constater que ce sacrement est trop souvent délaissé de nos jours. Il est pourtant essentiel, dans la vie des chrétiens, d’accepter de faire la vérité en eux mêmes, d’autant plus que la vérité nous rendra libres, comme le Christ l’a proclamé, et que le pardon reçu permettra une relation d’amour renouvelée !
D’ailleurs, tant que nous refusons de faire cette démarche, tant que nous en reculons l’échéance, très souvent quelque chose pèse sur notre cœur, un certain mal-être, cette mauvaise tristesse qui est la tristesse du péché… Il y a quelque chose qui ne va pas dans la relation blessée ou du moins amoindrie ; or nous aspirons tous à vivre dans la paix, dans la bonne entente, en un mot à vivre en bonne relation…
Avouons-le : nous éprouvons une certaine honte à reconnaître les zones d’ombre de nos vies, à reconnaître que nous avons plus ou moins blessé notre relation d’amour avec Dieu, avec les autres, avec nous-mêmes… La confession présente un côté difficile, c’est normal, c’est humain.
Mais, à la fin, c’est un moment de joie profonde qui nous est donné, car notre âme retrouve toute sa splendeur. Rien d’étonnant ! En effet, la confession n’est pas une invention de l’Eglise comme d’aucuns aimeraient le faire croire, c’est le cadeau pascal du Christ ressuscité, comme nous le rapporte si bien l’apôtre saint Jean, au chapitre XX de son Evangile : “Jésus leur dit de nouveau : “ La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie”. Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : “Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus””. Or ce cadeau ne peut pas être un cadeau empoisonné, c’est un cadeau magnifique, généreux, que Jésus a voulu
nous faire. Nous ne sommes pas de purs esprits, nous sommes des personnes humaines. Certains voudraient simplement demander directement pardon à Dieu : nous devons d’ailleurs le faire, c’est la première attitude à avoir dès que nous avons péché, spécialement s’il s’agit d’un péché grave, manifestant ainsi notre regret et notre confiance en la miséricorde divine. Mais il y a une parole extérieure qui doit venir nous rassurer définitivement, nous dire ce pardon : “Ego te absolvo… Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés.” Oui, nous avons besoin d’entendre dans notre langue humaine que nous sommes pardonnés. Or ce n’est pas le cas quand on s’adresse directement à Dieu.
C’est, nous l’avons vu, à ses Apôtres que le Christ a confié le ministère de la Réconciliation. Les Évêques, leurs successeurs, et les prêtres, collaborateurs des Évêques, ont reçu cette capacité par le sacrement de l’Ordre… Le prêtre est donc l’instrument de l’amour miséricordieux de Dieu envers le pécheur, il est le serviteur du pardon de Dieu. Se confesser à un prêtre fait partie du mystère de l’Incarnation. Dieu s’est fait proche de nous au point de devenir l’un d’entre nous : le Verbe s’est fait chair. Celui qui nous pardonne, c’est bien le Seigneur, mais Il le fait à travers un prêtre qui le représente : l’humanité du Christ est continuée, prolongée, dans et par l’Eglise et spécialement dans l’humanité des prêtres.

De plus, ne l’oublions pas : si nos péchés sont contre Dieu, ils sont aussi contre nos frères et sœurs, contre l’Eglise. C’est pourquoi il est nécessaire que nous demandions pardon à nos frères et sœurs, à l’Eglise, et le prêtre les représente tous ! Cependant une nouvelle question se pose à beaucoup : le prêtre, surtout s’il me connaît, que va-t-il penser de moi ? Ne va-t-il pas me juger ? Une telle crainte n’est pas justifiée ! En effet, tout prêtre est lui-même pécheur et doit se confesser à un autre prêtre, tout prêtre sait bien ce dont l’être humain est capable… Il sera donc plutôt dans l’action de grâce, voire dans l’admiration, devant la confiance que lui accorde celui ou celle qui se confesse et ouvre son cœur avec humilité, dans l’admiration aussi face à la réconciliation que Dieu opère… Tout prêtre enfin, est obligé de garder un secret absolu : aucune circonstance ne peut lui permettre de trahir ce secret. Evoquons à présent la préparation de la confession et les grands moments du sacrement qui, en quelques décennies, a été appelé de quatre façons différentes : – Le sacrement de la confession. Ce mot a deux sens en réalité, et la plupart des fidèles ne songe qu’à un seul d’entre eux : la confession, l’aveu des péchés. En fait, la confession peccatorum doit s’insérer dans la confessio fidei, la confession de foi en Dieu Amour qui seule permet de se reconnaître pécheur appelé au pardon. – Le sacrement de la pénitence. Paenitentia, en latin classique, signifiait repentir, regret. Il est vrai que pour le pénitent, le repentir est fondamental et indispensable. Il faut noter cependant que parler de pénitence risque de centrer l’attention avant tout sur l’effort de l’homme. – Le sacrement de la réconciliation. La réconciliation, au niveau purement humain, ne se réalise qu’au terme d’un véritable processus. Pour être réconcilié, il faut que repentir et pardon se rejoignent. D’autre part, pour que l’on parle de réconciliation, il faut qu’il y ait eu une véritable rupture, une cassure, ce qui correspond à la situation du péché grave. – Le sacrement du pardon. Cette dénomination semble la plus facile à comprendre de nos jours, en particulier par les enfants, mais notons que certaines personnes risquent de ne voir que le don de Dieu, omettant quelque peu ce qui relève de la démarche de l’homme. Cependant, soulignons-le : le “par-don”, c’est plus que le don, c’est le don par excellence, le don qui nous relève et nous relance ! Pour bien préparer notre confession, plaçons-nous face à la Croix de Jésus, signe du plus grand amour… et faisons silence… Prions l’Esprit Saint afin qu’Il nous aide à entrer dans une véritable conversion et tout d’abord dans l’authentique contrition, autrement dit le regret d’avoir offensé Dieu et nos frères. Le but de la confession, c’est finalement de progresser dans le bien et dans l’amour. L’aveu fait avec humilité, sincérité, franchise, nous y aide puissamment. A la lumière de la Parole de Dieu, faisons notre examen de conscience. Si l’amour est don de soi, le péché est repli sur soi ! Sachons naturellement distinguer le péché grave ou mortel qui rompt le lien vital avec Dieu, et le péché véniel, ou péché de notre fragilité quotidienne. Pour qu’il y ait péché grave, trois conditions sont requises. Il faut qu’il y ait matière grave (pas quelque chose d’anodin), connaissance et consentement de la volonté, (distinguons l’entière volonté et la volonté diminuée) de notre liberté. Vous trouverez ci-joint un document de couleur verte qui pourra vous faciliter la préparation de votre confession… L’aveu doit être concis, concret, clair, et complet, du moins quant aux péchés graves. Commençons plutôt par ce qui nous apparaît le plus dur à dire… Ayons le désir d’éviter le péché à l’avenir, autrement dit ayons le ferme propos de ne pas recommencer avec la grâce de Dieu. Après avoir demandé la bénédiction du prêtre, “Bénissez-moi mon Père, parce que j’ai péché”… … et précisé quand je me suis confessé la dernière fois, je me lance dans l’aveu… Le prêtre me répond par quelques éclairages, conseils et encouragements et me précise la pénitence à faire. Il s’agit d’une prière ou d’un acte à poser pour réparer l’offense, pour implorer le secours divin, pour éviter le péché à l’avenir et effacer la peine due au péché… Après m’avoir, en principe, invité à dire l’acte de contrition (prière de regret), le prêtre me donne enfin l’absolution, le pardon du Seigneur : “… Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés.” Sachons nous confesser chaque fois que c’est nécessaire, mais n’oublions pas les fruits d’une confession régulière, même de nos péchés véniels : la confession nous aide “à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l’Esprit” (CEC, no 1458). Ainsi saurons-nous apprécier toujours davantage la beauté de ce sacrement de guérison, de délivrance de nos enfermements, ce sacrement que le Pape François a si bien nommé “le sacrement de la tendresse de Dieu”. “C‘est l’étreinte de l’infinie miséricorde du Père”. Dieu nous ouvre sans cesse un avenir, quel bonheur !


Jean Kauffmann Président