Nouvelles de l’ANDT

Octobre, novembre, décembre 2021

Chers amis,

Quand vous lirez ces lignes, elle sera toute proche, l’Assemblée générale de l’A.N.D.T., notre grande rencontre annuelle, le dimanche 10 octobre 2021… Nous allons entrer dans la période automnale et, dans environ deux mois, dans la période liturgique de l’Avent qui nous préparera à Noël, temps de l’attente et de l’espérance par excellence. C’est vrai, notre monde n’a souvent rien de bien réjouissant. Les médias nous apportent leur lot quotidien de guerres, de catastrophes, de misères de toutes sortes. Et nous-mêmes peut-être n’avons pas l’esprit tranquille et le cœur en paix : à toutes et tous, il nous arrive de connaître le doute et la peur, il nous arrive de faire l’expérience de l’incompréhension, de la maladie, de la solitude, de l’échec. Et même si la pression sanitaire semble s’amenuiser, l’épidémie est loin d’être terminée et beaucoup se disent encore inquiets. Nous craignons la vieillesse et la mort, nous nous soucions de l’avenir. C’est dans ce contexte d’incertitude et de crise que nous sommes pourtant invités à l’espérance, à la suite de la bienheureuse Vierge Marie, que nous aimons invoquer à Thierenbach comme Notre Dame de l’Espérance, à la suite aussi de saint Joseph, son époux. Puisque l’année consacrée à saint Joseph va s’achever le 8 décembre prochain, je vous invite à découvrir en saint Joseph l’homme de l’espérance… Elle fut grande, la surprise de Joseph lorsque l’Ange l’informa que l’Enfant porté par Marie serait le Sauveur de son peuple. Cette annonce cependant ne trouva point son âme impréparée. Ce Sauveur, en effet, c’est ce que Joseph attendait de toute l’ardeur de son âme. Ce qui distinguait l’âme religieuse juive, c’était précisément l’espérance messianique. La ferveur de la religion juive était tournée vers l’avenir, un avenir merveilleux où le Messie apporterait à son peuple le salut, et instaurerait un royaume dont Dieu serait le maître. Joseph était intimement pénétré de cette espérance. Beaucoup attendaient cette ère nouvelle, surtout en vue d’une restauration politique, nationale, la fin de l’occupation des Romains. Joseph ne manquait sans doute pas d’éprouver ce désir d’une libération nationale, mais son espérance dépassait le niveau des aspirations politiques. Il se souvenait des oracles des Prophètes qui avaient annoncé une nouvelle alliance, où le peuple appartiendrait vraiment à son Dieu, avec un esprit nouveau et un cœur nouveau. C’était cette rénovation spirituelle que Joseph attendait principalement. Par le message de l’Ange, son espérance connut un nouvel élan. Celle-ci se trouvait déjà comblée sur un point essentiel : désormais le Messie était là, il était présent au milieu des hommes, et cette présence signifiait que l’heure de la libération et de la rénovation des âmes était proche. En vivant avec Jésus et Marie, comment cette espérance de Joseph ne serait-elle pas de plus en plus épanouie ? Il y avait une telle sainteté en cet Enfant que Joseph pouvait certainement y discerner la sainteté divine prête à se répandre sur les hommes. Plus il voyait grandir l’Enfant, plus il sentait le rayonnement de grâce qui émanait de Lui et plus il avait hâte que d’autres hommes en bénéficient. Au contact de Jésus, l’espérance de Joseph devint plus exclusivement surnaturelle. Joseph compris que cet enfant, dont l’existence s’écoulait de façon si ordinaire, ne se préparait pas à jouer un rôle politique. Sa perfection était d’un autre ordre et la sagesse qui se développait en lui était une sagesse préoccupée des choses de Dieu, de l’avancement spirituel des hommes : Jésus montrait qu’il n’était là que pour un royaume divin, sans commune mesure avec les royaumes de ce monde. C’est ainsi que la vie de Joseph, si intimement liée à la croissance du Sauveur, fut une espérance qui ne cessa de grandir. Avec Marie, il présenta à Jésus le témoignage de l’aspiration de l’humanité à un monde meilleur. Dieu, en effet, ne veut accorder la plénitude de ses dons qu’à ceux qui lui ont ouvert leur âme par le désir de les accueillir, de les recevoir. Au nom de tous les hommes qui avaient soif d’une libération et d’une élévation des âmes, Joseph dévoilait à Jésus l’ardeur de son attente. Son espérance était une supplication qui invitait le Sauveur à ne plus tarder dans l’œuvre qu’il devait entreprendre. Joseph nous montre l’importance de cette collaboration que nous sommes appelés à fournir à l’œuvre divine par notre espérance. Cette attitude, Dieu nous la demande comme il l’a demandée à Joseph, afin de pouvoir étendre le plus possible aux hommes les bienfaits du salut. Il aime celles et ceux qui se tournent vers Lui avec une attente pleine de désir. Joseph, qui n’a pas pu travailler directement, de façon visible, à l’instauration du Royaume du Christ ici-bas, nous apprend à coopérer par l’élan secret de notre cœur à l’expansion de ce Royaume. Il peut nous aider à faire de notre espérance une prière qui attire les grâces divines sur l’humanité. Joseph nous donne l’exemple d’un horizon très large dans l’espérance. Il est vrai que chaque être humain doit espérer son propre salut, compter sur les grâces qui lui permettront d’entrer dans le bonheur éternel du Ciel, et attendre une vie de l’au-delà meilleure que la vie terrestre. Mais l’espérance ne se borne pas à cet avenir personnel, elle est l’attente du salut de l’humanité entière et ne veut avoir d’autre limite que le monde. Ainsi la destinée du peuple juif et de toute la communauté humaine fut l’objet essentiel de l’espérance de saint Joseph. Aussi sommes-nous entraînés par lui à un élargissement de nos aspirations. Joseph nous invite à ne jamais restreindre notre espérance à notre propre destinée, ni à celle d’un groupe, mais à la faire porter sur l’expansion de tout le Royaume de Dieu dans notre monde. Il nous engage aussi à maintenir notre espérance à un niveau surnaturel. Certes les aspirations de l’humanité à la justice et à la paix, au développement culturel, voire au bien-être, sont légitimes et méritent d’être encouragées. Mais l’objectif de l’espérance chrétienne est plus élevé : il concerne le bien des âmes, la vie divine qui leur est offerte, la destinée éternelle qui se décide pour elles ici-bas. Joseph attire notre attention sur les valeurs spirituelles que nous devons attendre et espérer. Les autres biens n’ont qu’une valeur transitoire. Mais on ne doit jamais se lasser d’espérer le salut éternel. Joseph nous aide donc à faire monter nos aspirations vers le Ciel. Joseph, enfin, stimule en nous l’attachement personnel au Christ. Sans doute avait-il toujours été fervent dans son espérance, mais celle-là s’est comme transfigurée à partir du moment où il vécut dans l’intimité de Jésus. La vue du Sauveur rendait son espérance certaine de posséder déjà ce qu’elle cherchait. Cette certitude existe dans notre espérance chrétienne : plus nous nous attachons à Jésus, plus nous vivons en Lui, plus l’espérance prend un élan solide et sûr. Dans le regard contemplatif qu’il posait sur Jésus, Joseph comprit que sa sainteté et son amour étaient capables de vaincre le mal dans le monde. Il crut dans le triomphe du Sauveur, malgré les contradictions annoncées par le vieillard Siméon. Joseph nous entraîne à espérer en dépit de toutes les fautes humaines, de tous nos péchés, et, puisque nous avons le bonheur de connaître la victoire du Christ ressuscité, à garder notre espérance à travers toutes les épreuves, car, appuyée sur le Sauveur, notre espérance ne peut finalement qu’être triomphante avec Lui.

En union de prière, Jean Kauffmann Président de l’A.N.D.T.